Un vaste essai clinique international pourrait ouvrir une nouvelle voie dans la lutte contre les infections urinaires récidivantes, notamment lorsqu’elles sont provoquées par des bactéries résistantes aux antibiotiques.
Baptisée P-PEAKS UTI, cette étude évaluera l’efficacité d’un traitement personnalisé reposant sur des bactériophages, ou « phages ». Ces virus naturellement présents dans l’environnement ont la particularité d’infecter et de détruire certaines bactéries, sans s’attaquer aux cellules humaines.
Le projet réunit 20 partenaires scientifiques et médicaux issus de 13 pays et bénéficie d’un financement de 15 millions d’euros de l’Union européenne.
Environ 220 femmes souffrant d’infections urinaires chroniques et récidivantes causées par la bactérie Escherichia coli participeront à l’essai. Les centres cliniques seront répartis en Israël, aux États-Unis, au Canada, en France, au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne et en Estonie.
Les participantes recevront soit une thérapie par phages, soit un placebo, en complément d’une dose unique d’antibiotiques administrée par voie intraveineuse.
L’objectif est de déterminer si cette approche ciblée peut réduire les récidives tout en limitant le recours répété aux antibiotiques.
L’Université hébraïque de Jérusalem et le Centre médical Hadassah occupent une place importante dans ce projet. L’équipe israélienne est dirigée par le professeur Ronen Hazan et la Dre Sahar Melamed, de l’Université hébraïque, ainsi que par le professeur Ran Nir-Paz, d’Hadassah.
Les professeurs Hazan et Nir-Paz sont également les fondateurs et codirecteurs du Centre israélien de thérapie par phages.
Alors que la résistance aux antibiotiques constitue un défi médical mondial croissant, cet essai vise à produire des preuves cliniques solides sur la sécurité et l’efficacité des phages.
S’il est concluant, il pourrait rapprocher cette thérapie d’une utilisation médicale courante et favoriser le développement de traitements plus personnalisés contre d’autres infections bactériennes résistantes.

