Une nouvelle approche expérimentale pourrait aider à vaincre la résistance aux traitements dans un cancer du cerveau particulièrement agressif
Des chercheurs de l’Université hébraïque de Jérusalem ont identifié une nouvelle stratégie prometteuse pour lutter contre l’un des principaux obstacles dans le traitement du glioblastome, l’une des formes les plus agressives de cancer du cerveau : la résistance à la chimiothérapie.
L’étude montre qu’un composé expérimental appelé BA-101 pourrait restaurer l’efficacité du témozolomide (TMZ), le traitement chimiothérapeutique standard, en bloquant un processus biologique appelé stress nitrosatif, qui aide les tumeurs à survivre et à résister aux traitements. Dans des modèles précliniques, l’association des deux traitements a ralenti la croissance tumorale, réduit la capacité des cellules cancéreuses à migrer et à envahir les tissus environnants, et augmenté leur destruction.
L’équipe de recherche, dirigée par le Dr Mallikarjuna Nimgampalle, chercheur postdoctoral à l’Université hébraïque de Jérusalem, et le Prof. Haitham Amal, de l’Université hébraïque et de la Harvard Medical School, a publié ses résultats dans la revue scientifique Cancer Medicine.
Le glioblastome demeure particulièrement difficile à traiter. Malgré la chirurgie, la radiothérapie et le témozolomide, de nombreuses tumeurs ne répondent pas au traitement ou développent rapidement une résistance, laissant peu d’options thérapeutiques aux patients.
Les chercheurs se sont intéressés au stress nitrosatif, un déséquilibre lié à une production excessive de monoxyde d’azote, qui favorise la survie, la propagation et la résistance des cellules tumorales. En bloquant ce mécanisme grâce au BA-101, un inhibiteur sélectif de la synthase neuronale de l’oxyde nitrique (nNOS), ils ont observé une diminution significative du comportement agressif des cellules de glioblastome résistantes aux traitements.
Le traitement a notamment ralenti la croissance des cellules cancéreuses, réduit leur capacité à migrer et à envahir les tissus voisins, diminué les marqueurs du stress nitrosatif et favorisé la mort des cellules tumorales. Surtout, l’association du BA-101 et du témozolomide a produit un effet anticancéreux plus important que chacun de ces traitements administré séparément, avec notamment une réduction significative de la croissance tumorale chez la souris.
Le Prof. Haitham Amal souligne que la résistance au témozolomide demeure l’un des principaux défis dans le traitement du glioblastome. Les résultats obtenus suggèrent qu’en ciblant le stress nitrosatif, il pourrait être possible de rendre à nouveau les tumeurs sensibles au traitement. Des études supplémentaires seront toutefois nécessaires avant que cette approche puisse être évaluée chez les patients.
Les chercheurs estiment que ces travaux pourraient ouvrir la voie à une nouvelle génération de thérapies combinées, visant non pas à remplacer les traitements existants, mais à surmonter les mécanismes qui permettent aux cellules cancéreuses d’y résister.
Le BA-101 a fait l’objet d’une licence exclusive accordée par Yissum, la société de transfert de technologie de l’Université hébraïque de Jérusalem, à NeuroNOS, une société de biotechnologie cofondée par le Prof. Haitham Amal. NeuroNOS poursuit actuellement le développement du BA-101 avec l’objectif de transformer ces résultats précliniques en une future application clinique.

